Kaléïdoplumes 1: 2008/2009


 
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 Au nom des fils…

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sprite

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MessageSujet: Au nom des fils…   Ven 12 Sep 2008 - 23:58

(JE LAISSE CE TEXTE PAR COMPARAISON POUR CEUX QUE CA INTERESSE .... OU QUI ONT DU TEMPS A PERDRE.... drunken affraid Sleep VERSION ABREGE PAR AILLEURS)


Dieter: ‘Veux-tu venir?”
Moi: ‘Je ne suis pas sure, mais comme je suis en congé maladie, peut-être’
Dieter: ‘Nous ne sommes pas loin de l’aéroport, ensuite la ligne de train est directe.On viendra te chercher.’
Un encouragement dans sa voix me décide. Dernière minute par internet via Swissair.

Johannes plus grand que son père d’une demi-tête. Taches de rousseurs diluées sur le visage, yeux grand clairs, comme ceux de sa mère… même regard intense en plus. Dieter lève un regard fier vers ce fils qui lui rend son sourire tandis que je m’exclame sur comment le temps a passé vite.
Ma fille? Plus grande que toi, Johannes, si, si, vraiment! Pour une fille? Ben oui, je t’enverrais sa photo en rentrant.
Elle vous avait regardé joué au tennis au village, toi et Wolfgang… c’était, voyons voir, en 98! fin aout, je crois.
Ah oui, avec les petits Zairois que tu avais ramené en vacance.
Oui, oui, c’est ça. Mais on ne les voit plus. La famille a émigré à Boston.
Oui, quelquefois, par Face book, elle a de leurs nouvelles.

Dieter: “On t’a trouvé une place dans un hôtel à deux pas de chez nous. Ne t’inquiètes pas pour le paiement, mais avec tous les visiteurs, on a trouvé préférable pour l’organisation”
-“Je t’avais dit de ne pas t’inquiéter pour ça. Je me débrouille toujours, Je t'assure, tu en fais trop.”
Dieter: “Mes parents seront là-bas aussi”
-“Je serais heureuse de faire connaissance”
Johannes échange un autre regard de connivence avec son père.
-« C’est que le grand-père, quand il se met à parler et avec ses positions politiques…! »
-« T’inquiètes pas, je m’entend bien avec tout le monde, surtout quand c’est pour un temps limité. »
Dieter: On te dépose et on va lui rendre visite. On reviendra te chercher dans 20 minutes. Tu mangeras avec nous.
-“C’est pas la peine, je vous assure. Je vais me reposer. Je vous verrais demain »
Johannes, après un autre regard à son père pour vérifier son approbation.
“Si, si, on voudrait bien que tu manges avec nous ce soir. D’ailleurs c’est tout prêt. Et tu me montreras sur Google Earth où tu habites exactement”
-“Wolfgang ne va pas avec vous?”
Dieter“Non, il préfère être seul dans sa chambre. Mon frère et sa femme sont déjà à la maison!”

Moins d’une demi-heure plus tard, ils m’attendent à la réception. Il pleut. Nous ne pourrons pas manger dans le jardin comme lors de ma dernière visite il y a plus de douze ans.
C’est un peu comme un pèlerinage dans la ville de mon exil balbutiant… l’énorme symbole Mercedes tourne toujours sur la tour de la gare principale, la Fernsehnturm, première d’Europe affirme Dieter, domine toujours l’horizon… bâtie sur une colline faite des gravas de bâtiments détruits à la fin de la deuxième guerre mondiale.
Nous n’aurions jamais imaginé, Monica et moi, qu’on vivrait notre vie d’adulte si éloignées de nos familles et qu’elle finirait dans la ville où j’avais débuté dont tous les souvenirs sont devenus si flous. Nos moments forts peut-être, son année passé à Londres, ses débuts avec Dieter. Leur union durable. Son ouverture au monde. Notre dernière discussion de vive voix, très animée… dix ans dans un mois !

Johannes, aidé de Wolfgang a mis la table, apporté les tranches de charcuterie et de fromage, la coupe de fruit, le jus de pomme inévitable. Ils ont mis de la musique d’ambiance. Ils ne veulent absolument pas que les femmes présentes donnent un coup de main. Wolfgang, beaucoup plus réservé que Johannes, observe, un peu hagard. On le sent livré à une vie intérieure intense. Quelques regards furtifs de temps à autre entre son père et lui... attentif lui aussi à ce qu'aucun des convives ne manque à quoi que ce soit.

Après onze heure, je rejoins l’hôtel à pied avec les parents de Dieter. On se donne rendez-vous pour le petit déjeuner.

---
Je suis derrière eux.
Dieter, encadré de ses deux fils qui le dépassent en stature, prend la main de Wolfgang. Il se tourne vers Johannes. La connivence entre eux tellement présente, palpable. On ne sait pas qui soutient l’autre, qui encourage l’autre. Le pantalon de Dieter tombe en accordéon sur ses chaussures. Johannes se dirige vers le tas de roses blanches et rouges empilées à quelques pas. J’admire la précision de l’organisation même si Dieter hier soir se défendait des ses pouvoirs d’organisation.
« Non, non, Monica est la meilleure organisatrice des deux. Toutes les occasions sont toujours bonnes pour célébrer. Pâques à la ferme prêt du lac de Constance. Anniversaires. Noel. Tu regarderas les albums de photos quand on sera le soir à la maison »
Johannes donne une rose à son frère, un autre regard à Dieter, quelques paroles murmurées à voix basse. Finalement, enfin, je me sens respirer plus profond… Dieter sort un mouchoir. Johannes jette la première rose au fond de la fosse, puis Wolfgang. Dieter leur passe à chacun une petite poignée de terre et tous les trois ensemble la lance vers le trou tapissé d’un tapis vert de fausses herbes en plastic.
Une foule vêtue de noire avec des visages blancs, se tait sous la pluie. Dieter a passé un bras derrière chacun de ses fils, sa tête légèrement penchée vers Johannes mais le visage tourné vers son plus jeune. Ses mains encerclent leurs tailles et lentement, il les fait se tourner et les poussent vers l’allée principale. Les larmes libres quelques instants seulement et déjà Dieter reprend son rôle d’organisateur principal et s’inquiète et des uns et des autres, de qui peut prendre qui dans tel voiture et tout le monde sait-il où est le Beer Garden ?

J’entend la voix de Monica… ses Ach so! d’étonnements, ses rires, ses exclamations pour les choses de la vie qu’elle n’arrivait pas à comprendre, la force de ses convictions. Je la vois en train de nous faire un Kuchen chez nous… lors des échanges scolaires franco-allemand... il y a bien longtemps… hier presque.

Une envie subite d'ouvrir mon parapluie bariolé comme un tableau d'impressioniste et je suis sure que tout le monde verrait son rire. Mais la pluie a cessé, et tandis qu'à grands pas, un homme se dirige vers moi à travers cette foule si différente de mon paysage habituel d'Irlandais qui roulent ivres sous la table, de Jamaicains avec leurs cercueils ouverts aux cérémonies, des différents groupes africains avec leurs pleureuses et le clown de service à imiter le mort et faire en sorte que des rires se mêlent aux pleurs, des gurdvara Sikhs et des temples Indoues tout bigarrés … je continue d'observer cette trinité de trois hommes en deuil recevant les condoléances en quelques poignées de mains et ébauches d’étreintes vite réprimées.l


Dernière édition par sprite le Dim 14 Sep 2008 - 9:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Au nom des fils…   Sam 13 Sep 2008 - 13:12

J'ai lu ton texte. J'ai envie de le relire pour mieux m'en imprégner.

C'est un texte très fort, qui se perd en détails moins importants.
Si je peux me permettre quelques sugggestions.

- Essaie d'écrire plus court pour donner plus de force à ce texte ( la force qu'il mérite)
- Certaines phrases sont un peu trop longues
- un chapitre est à revoir: celui-ci
Citation :
Une envie subite d'ouvrir mon parapluie bariolé comme un tableau d'impressioniste et je suis sure que tout le monde verrait son rire. Mais la pluie a cessé, et tandis qu'à grands pas, un homme se dirige vers moi à travers cette foule si différente de mon paysage habituel d'Irlandais qui roulent ivres sous la table, de Jamaicains avec leurs cercueils ouverts aux cérémonies, des différents groupes africains avec leurs pleureuses et le clown de service à imiter le mort et faire en sorte que des rires se mêlent aux pleurs, des gurdvara Sikhs et des temples Indoues tout bigarrés …

La 1ère phrase est très belle, mais elle le serait encore plus avec une autre ponctuation.
La seconde est trop longue, beaucoup trop longue, et elle "gâche la conclusion, elle l'a fait passer presque inaperçue:

Code:
je continue d'observer cette trinité de trois hommes en deuil recevant les condoléances en quelques poignées de mains et ébauches d’étreintes vite réprimées.

Alors que cette conclusion est tout simplement. SUBLIME

Je reviendrai lire le texte........Il le mérite :D
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Sherkane

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MessageSujet: Re: Au nom des fils…   Sam 13 Sep 2008 - 15:06

Sprite,

J'avoue que je suis un peu perdue dans ton texte. J'ai eu du mal à comprendre qui étaient les personnages et le lien entre eux. On le comprends à la fin. Encore que je me demande si la narratrice est de la famille de Dieter et de ses fils, ou une amie.

Je crois que si tu retravailles ton texte en le faisant plus court, en éliminant les détails superflus, cela le rendrait plus fort et plus lisible. Car il y a de belles choses dedans...

Je vais en tout cas le relire Basketball
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sprite

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MessageSujet: Re: Au nom des fils…   Sam 13 Sep 2008 - 16:03

:scratch

merci d'avoir fait l'effort. J'ai vraiment hesite a le poster a cause de la longueur... (et il est deja raccourci de moitie!! drunken ) et parce que tant de textes sur pere et fils pour cette consigne a ete du cote du triste.
et vous me confirmez comme il est dur d'ecrire a partir du (trop) reel pour en faire une piece tant soit peu litteraire. A part changer les noms et quelques vraiment petit details, c'est du 'tel quel'.

Merci beaucoup Admin pour tes conseils sur les parties specialement a retravailler.... y'a du boulot sur la planche lol!
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Tornade
Modératrice
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MessageSujet: Re: Au nom des fils…   Dim 14 Sep 2008 - 20:05

Je me suis aussi un petit peu perdue au début et tout s'est éclairé avec la phrase "Johannes jette la première rose au fond de la fosse,".
Ton texte m'a rappelé des moments vécus avec le côté "organisation de l'évenement", celui dont on ne parle pas, et pourtant c'est dans ces moments là que l'on se retrouve vraiment avec les proches face à un deuil.
C'est un peu dilué, mais ça vaut vraiment la peine d'être lu Sprite ! cheers

Dis j'espère bien que tu ne vas pas nous priver de tes textes et que tu ne vas pas commencer à les enlever après les avoir postés Evil or Very Mad , hein dis, non No
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sprite

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MessageSujet: Re: Au nom des fils…   Dim 14 Sep 2008 - 22:15

No confused euh ben, si t'insistes sunny non, j'v'ais pas les enlever, mais je dois avouer que moi, ben, j'aime pas les textes trop longs a lire, alors offrir les miens au regard des autres, ca sent un peu l'hypocrisie, non?
par contre, je suis contente de ton commentaire-ci because au depart je le voulais aussi ambigu, qu'on decouvre que loin dans le texte qu'il s'agit de funerailles. Dans la nouvelle version, j'etablis plus la scene pour donner des details sur les 'protagonistes'....
Peut-etre que pour les consignes, il faut mieux se tenir a du non-vecu, se servir du vecu bien sur... mais en l'arrangeant beaucoup.

Citation :
le côté "organisation de l'évenement", celui dont on ne parle pas, et pourtant c'est dans ces moments là que l'on se retrouve vraiment avec les proches face à un deuil.
je trouve ton commentaire interessant.... dans le 'se retrouver vraiment avec les proches'.. le 'dont on ne parle pas', c'est vrai. Mais ce qui me frappe ce sont les divergences culturelles d'aprehender les rituels de passage; j'ai trop pris l'habitude des ceremonies antillaises, africaines et asiatique ou les expressions du deuil sont tres differentes de cette retenue europeenne... mais j'ai decide de perdre ca pour la revision.... j'y reviendrais par ailleurs.
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luisasi

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MessageSujet: Re: Au nom des fils…   Jeu 18 Sep 2008 - 10:12

Et bien ,j' ai bien aimé justement de ne pas tout comprendre au début.On sait bien que d' ici la fin on va retomber sur nos pieds, alors le chemin est intéressant. Et donne envie de relire le texte une fois qu' on a tout saisi. Est ce une astuce pour accrocher le lecteur??????? (lol)!!
Sinon ton texte est plein de force ,ton écriture bien personnelle. Surtout continue d' écrire et de POSTER , la différence entre chacun de nous ,entre nos écritures, nos façons de voir, d' interpréter la consigne,sont pour moi un régal et un enrichissement.Pour les ajustements précis, j' aurai beaucoup de mal à dire quelque chose, car lorsque je lis un texte, je suis emportée par le fond, la force plutôt que la forme..et si le texte me plait j' ai du mal à l'imaginer autrement qu'avec ses défauts ..s' il en a!!!! C'est pour çà que ses ateliers nous améliore et je remercie ceux qui donnent leur avis sur la forme, parce qu' ils nous font progresser.
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