Un jeune corbeau, sur un fil électrique,
Lorgnait un poisson obèse.
Un vieux renard famélique
L’interpella en ces termes:
« Jeune blanc-bec, il y aura d’autres
Poissons dans ta vie qui sera longue.
Laisse-moi cette jolie carpe.
Le poisson frétillait dans l’onde,
Inconscient des dangers du monde.
Le jeune corbeau alerte
Se gaussait de la détresse
Du vieux renard qui rampa
Et se saisit de la carpe innocente.
Affamé, il partit sans demander son reste.
Eberlué, le corbeau comprit vite
Qu’il faut se méfier de la vieillesse
Qui compense par son expérience
Et son endurance la jeunesse
Trop sûre d’elle-même.