Kaléïdoplumes 1: 2008/2009


 
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 Vol 47

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Nerwen

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MessageSujet: Vol 47   Mer 15 Oct 2008 - 19:39

Je fus réveillé par quelqu’un qui s’agrippait à mon bras et me secouait, doucement mais avec insistance. Je dormais si profondément qu’il me fallut quelques secondes pour reprendre mes esprits et me souvenir que je me trouvais à bord du vol 47, San Juan/Miami. J’étais si épuisé après avoir passé un mois à prospecter Porto Rico de long en large afin d’y placer mes petits appareils, que je m’étais endormi dès le décollage.
Le réveil fut pénible, outre mon voisin qui, maintenant, s’accrochait frénétiquement à mon bras, je ressentis plusieurs secousses qui ébranlaient l’appareil...
— « Réveillez vous ! réveillez vous ! Ah, enfin ! Vous sentez ?
— Calmez-vous, mon vieux, je crois que nous traversons juste une zone de turbulences. Ça va se calmer dès que nous en serons sortis...
— Turbulences ? Qu’est-ce que vous voulez dire ?
— Eh bien vous ! Vous ne devez pas prendre souvent l’avion par ici ! Pas vrai ? Autrement vous sauriez ce que sont les zones de turbulences.
— Non, c’est la première fois... Enfin, la deuxième, mais à l’aller tout s’était bien passé.
— C’était exceptionnel, un vrai coup de chance , parce que, d’habitude, les turbulences font partie des charmes du voyage, si vous voyez ce que je veux dire... Mais que diable alliez vous faire à Porto Rico ? Affaires ? Travail ? »

J’essayais de le faire parler pour détourner son attention des secousses de plus en plus violentes qui nous assaillaient.
— « En participant à un jeu débile à la télévision, j’ai gagné un voyage de deux semaines sur cette île. Mais tout a mal tourné. Après une grève des contrôleurs aériens au départ, en arrivant je suis tombé malade (la nourriture sans doute) et j’ai préféré rentrer en France. Il n’y avait que ce vol de disponible, via Miami. Et voilà que maintenant l’avion va exploser en vol ou s’engloutir dans la mer ! Un voyage de rêve qu’ils disaient ! J’ai vraiment la guigne !
— Calmez-vous voyons et cessez de vous plaindre, nous ne risquons rien. La météo est un peu chaotique dans cette zone, je vous l’accorde, mais les pilotes sont habitués.
— Vous dites « cette zone », savez-vous où nous nous trouvons ?
— Au-dessus de l’océan Atlantique, au large des Caraïbes et dans une petite heure, nous atterrirons à Miami... »

Mon interlocuteur me coupa la parole : « Nous n’atterrirons jamais ! Porto Rico, Miami, ça ne vous dit rien ?
— Je ne vois pas...
— Et si j’ajoute les Bermudes, ça vous dit ? Porto Rico/Miami/les Bermudes... Le Triangle des Bermudes ! Nous sommes à l’intérieur du Triangle des Bermudes ! »
Je posais une main rassurante sur son bras : « Taisez-vous, voyons ! Vous allez effrayer les enfants qui sont à bord ! Vous ne croyez tout de même pas à ces sornettes ?
— Des sornettes les disparitions de bateaux ? Les accidents d’avions ? Tous ces faits inexplicables et inexpliqués ?
— Vous divaguez, reprenez votre sang froid et laissez le Triangle des Bermudes aux amateurs de frissons à bon marché. Compte tenu de l’importance du trafic maritime dans cette région et de l’instabilité météorologique de le zone, il est normal qu’on y recense des accidents. Savez-vous qu’on y observe les plus violentes tempêtes du globe, avec des vagues scélérates de plus de huit mètres de haut ? »
Là, ce n’est peut-être pas ce qu’il aurait fallu dire pour rassurer une personne prise de panique, mais quand je suis parti à pérorer, rien ne peut m’arrêter et puis, la nervosité commençait aussi à me gagner.
« Ce n’est pas normal ! Je vous dis que ce n’est pas normal ! » La voix de mon voisin partait dans les aigus et je sentais bien qu’il était au bord de la crise de nerfs. Les autres passagers, d’abord moyennement inquiets à causes des turbulences, commençaient à s’agiter et on entendait par intermittence des cris involontaires qui ponctuaient les trous d’air et autres embardées de l’appareil.
« Ça suffit ! Lui dis-je en haussant la voix, fermez-là, Bon Dieu ! »
Il obtempéra et baissant brusquement la voix, il approcha son visage livide du mien et me murmura : « Je vous dis que ce n’est PAS normal, des forces invisibles sont à l’œuvre... Elles vont prendre le contrôle de l’appareil ! Nous sommes perdus ! »

A ce moment là, l’avion, comme par miracle, retrouva sa stabilité. Une hôtesse venant de l’avant de la cabine, s’encadra dans la porte de communication : « Mesdames et Messieurs, le commandant de bord est heureux de vous annoncer que nous sommes sortis de la zone de turbulences. Il vous remercie d’avoir gardé votre sang-froid. Atterrissage à Miami dans dix minutes. »
Je me tournais vers mon voisin : « Là, vous voyez ! inutile de vous mettre dans des états pareils ! Nous allons atterrir sains et saufs. »

Nous fûmes plutôt encore secoués à l’atterrissage et je pensais que l’aéroport de Miami était bien au-dessous de sa réputation : on aurait dit que nous roulions dans un champ, plein de bosses et d’ornières. Peut-être le train d’atterrissage avait-il été endommagé par les secousses subies dans les turbulences ?
Quand l’appareil s’immobilisa enfin, je jetais un coup d’œil par le hublot et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir le vaste espace herbu d’un immense parc, avec au loin, les visages curieux et un rien effrayés d’un groupe de personnages en costumes étranges. Des hommes en pantalons étroits et chemises à jabot, des femmes en crinolines qui semblaient tout droit sortis d’Autant en emporte le Vent...

Je sentis derrière mon oreille, le souffle court de mon voisin, penché vers le hublot : « Je le savais ! Une faille spatio-temporelle ! On ne retrouvera jamais le vol 47 !... »
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Cédille

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MessageSujet: Re: Vol 47   Mer 15 Oct 2008 - 19:59

Bonsoir Nerwen,

Tu ne me reconnais pas ? C'est moi, là, dans le ptit coin... oui celle qui est en larmes parce qu'en te voyant débarquer elle vient de comprendre qu'elle ne pourra plus quitter ce deuxième monde ! C'est complètement de ta faute, j'ai le pris le vol qui précédait le tien et le triangle des Bermudes m'a aussi engloutie... sauf que moi eh bien mon texte n'est pas terminé et qu'il va falloir que je me trouve une autre destination. Pour l'instant je sèche dur !

Bravo !
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Tornade
Modératrice
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MessageSujet: Re: Vol 47   Mer 15 Oct 2008 - 21:10

Nerwen fidèle à elle-même avec une chute inattendue. Je continue vraiment à aimer cheers
sunny sunny sunny
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Pandora

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MessageSujet: Re: Vol 47   Jeu 16 Oct 2008 - 20:20

J'ai bien aimé...
Et j'éviterai donc de survoler cette zone dans mes prochains voyages ;-)
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Invité
Invité



MessageSujet: Re: Vol 47   Jeu 16 Oct 2008 - 23:06

Bienvenue Amis Terriens! Aujourd'hui c'est fête! Nous allons MANGER!!!!!
Excellent, ce texte nous tient jusqu'au bout. Merci! Très agréable lecture... Bonne nuit... Hé Hé Hé... Twisted Evil
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MessageSujet: Re: Vol 47   

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