A. Allô ?
+5
Amanda
catsoniou
Ataraxie
Zephyrine
alainx
9 participants
Kaléïdoplumes 4 :: Archives 2019/2023 :: Espace Ecriture et Photo :: Ecriture et Photo sur consigne :: Consignes 536
Page 1 sur 1
A. Allô ?
Allô ?
Je viens de sonner chez moi et c'est un inconnu qui a répondu, une voix d'homme, plutôt grave. Je n'ai pas su prononcer un mot, le combiné à la main qui s'est mise à trembler.
— Allô ? Allô ? Répéte la voix.
J'ai raccroché. Sans un mot !
Ma femme m'avait bien dit qu'elle serait seule chez nous, avec des regrets dans la voix, et même une forme de désespérance, comme souvent lorsque je m'absente. Toujours trop longtemps à ses yeux. Toujours cette peur de l'abandon, ce besoin effréné de proximité, de se coller à moi. Il y a la vie quand même. Le reste de la vie. Bien sûr que je l'aime, mais il y a le travail, les obligations le monde extérieur. On ne vit pas de l'air du temps, ni de l'eau du robinet.
Elle m'avait dit qu'elle serait seule. Et ce n'est pas vrai. Il y a cette voix inconnue. Cet autre qui s'est immiscé. Et moi qui me croyais l'unique. Le cocu, oui ! Voilà ce que je suis ! J'ai épousé une comédienne, une usurpatrice, une traînée. Ah ! Je me suis bien laissé embobiner ! Gros naïf, je suis.
Maintenant que j'y repense, déjà l'autre jour… je sentais bien qu'elle n'était pas comme d'habitude. Et puis, il y a 15 jours, lorsque j'ai proposé de l'accompagner pour cette démarche importante :
— Non, chéri, je vais y aller seule, il faut que je me prenne en mains, c'est toi qui as raison. Ce sera une épreuve pour moi, mais je me sens plus forte en ce moment.
Et moi qui me suis réjoui de cela ! C'est sûr elle était allé le rejoindre, à l'hôtel certainement. Je les imagine, c'est horrible. Ses sales pattes sur le corps de ma femme. Intolérable.
C'est décidé, je ne rentrerai pas ce soir. J'irai voir mon avocat, histoire de ne rien faire qui pourrait m'être reproché. C'est simple elle a tous les torts. De toute façon je ferai tout pour lui faire rendre gorge. D'ailleurs je la déteste, ce n'est pas d'aujourd'hui. Sa manière de manger bouche ouverte, la façon dont elle croise et décroise ses jambes sans arrêt, son parfum qui me donne la nausée, et cette odeur de transpiration le soir au lit.
Et puis tiens il va m'entendre ce connard ! Je vais rappeler immédiatement.
je forme le numéro. Ça sonne chez moi !
— Allô ? Ah ! C'est toi chéri. Comme je suis heureuse d'entendre ta voix, l'angoisse commençait à monter, je n'osais pas t'appeler pour ne pas te déranger, tu sais que je fais des efforts dans ce domaine. C'est très gentil d'avoir appelé pour me rassurer. Je t'aime énormément mon chéri. ... Allô, mon chéri, tu es encore là ?
Je ne dis rien. Elle ne manque pas de culot ! Il vient à peine de partir après qu'ils aient fait je ne sais quoi comme truc infect, et voilà qu'elle fait comme si de rien n'était. C'est terrible quand même !
Je raccroche.
Une minute après, mon téléphone sonne. J'hésite à décrocher. Et puis je me décide
— allô ?
Putain ! C'est SA voix. Le porc qui couche avec ma femme !
— Allô, reprend la voix de ce pourri … c'est vous qui m'avez appelé tout à l'heure ? Votre numéro s'est affiché chez moi, et puis la communication a été coupée, alors je vous rappelle. De quoi s'agit-il ? Car j'ai le sentiment que nous ne nous connaissons pas....
J'ai encore raccroché.
Bon sang je réalise tout à coup m'être trompé de numéro tout à l'heure !
Ce soir, en rentrant à la maison, je l'ai prise dans mes bras : je murmure « pardon, pardon, pardon ! » Et je fonds en larmes.
Je viens de sonner chez moi et c'est un inconnu qui a répondu, une voix d'homme, plutôt grave. Je n'ai pas su prononcer un mot, le combiné à la main qui s'est mise à trembler.
— Allô ? Allô ? Répéte la voix.
J'ai raccroché. Sans un mot !
Ma femme m'avait bien dit qu'elle serait seule chez nous, avec des regrets dans la voix, et même une forme de désespérance, comme souvent lorsque je m'absente. Toujours trop longtemps à ses yeux. Toujours cette peur de l'abandon, ce besoin effréné de proximité, de se coller à moi. Il y a la vie quand même. Le reste de la vie. Bien sûr que je l'aime, mais il y a le travail, les obligations le monde extérieur. On ne vit pas de l'air du temps, ni de l'eau du robinet.
Elle m'avait dit qu'elle serait seule. Et ce n'est pas vrai. Il y a cette voix inconnue. Cet autre qui s'est immiscé. Et moi qui me croyais l'unique. Le cocu, oui ! Voilà ce que je suis ! J'ai épousé une comédienne, une usurpatrice, une traînée. Ah ! Je me suis bien laissé embobiner ! Gros naïf, je suis.
Maintenant que j'y repense, déjà l'autre jour… je sentais bien qu'elle n'était pas comme d'habitude. Et puis, il y a 15 jours, lorsque j'ai proposé de l'accompagner pour cette démarche importante :
— Non, chéri, je vais y aller seule, il faut que je me prenne en mains, c'est toi qui as raison. Ce sera une épreuve pour moi, mais je me sens plus forte en ce moment.
Et moi qui me suis réjoui de cela ! C'est sûr elle était allé le rejoindre, à l'hôtel certainement. Je les imagine, c'est horrible. Ses sales pattes sur le corps de ma femme. Intolérable.
C'est décidé, je ne rentrerai pas ce soir. J'irai voir mon avocat, histoire de ne rien faire qui pourrait m'être reproché. C'est simple elle a tous les torts. De toute façon je ferai tout pour lui faire rendre gorge. D'ailleurs je la déteste, ce n'est pas d'aujourd'hui. Sa manière de manger bouche ouverte, la façon dont elle croise et décroise ses jambes sans arrêt, son parfum qui me donne la nausée, et cette odeur de transpiration le soir au lit.
Et puis tiens il va m'entendre ce connard ! Je vais rappeler immédiatement.
je forme le numéro. Ça sonne chez moi !
— Allô ? Ah ! C'est toi chéri. Comme je suis heureuse d'entendre ta voix, l'angoisse commençait à monter, je n'osais pas t'appeler pour ne pas te déranger, tu sais que je fais des efforts dans ce domaine. C'est très gentil d'avoir appelé pour me rassurer. Je t'aime énormément mon chéri. ... Allô, mon chéri, tu es encore là ?
Je ne dis rien. Elle ne manque pas de culot ! Il vient à peine de partir après qu'ils aient fait je ne sais quoi comme truc infect, et voilà qu'elle fait comme si de rien n'était. C'est terrible quand même !
Je raccroche.
Une minute après, mon téléphone sonne. J'hésite à décrocher. Et puis je me décide
— allô ?
Putain ! C'est SA voix. Le porc qui couche avec ma femme !
— Allô, reprend la voix de ce pourri … c'est vous qui m'avez appelé tout à l'heure ? Votre numéro s'est affiché chez moi, et puis la communication a été coupée, alors je vous rappelle. De quoi s'agit-il ? Car j'ai le sentiment que nous ne nous connaissons pas....
J'ai encore raccroché.
Bon sang je réalise tout à coup m'être trompé de numéro tout à l'heure !
Ce soir, en rentrant à la maison, je l'ai prise dans mes bras : je murmure « pardon, pardon, pardon ! » Et je fonds en larmes.
_________________
"Écrire, c'est brûler vif, mais aussi renaître de ses cendres. "
Blaise Cendrars
ICI : Le Blog d'AlainX
alainx- Humeur : ça va ! et vous ?
Re: A. Allô ?
Et voilà! Personne n'y avait pensé.
Quelle histoire!
Genialement imaginée. ... J'espère que la dame a aussi reçu des fleurs.
Encore une fois :
Quelle histoire!
Genialement imaginée. ... J'espère que la dame a aussi reçu des fleurs.
Encore une fois :
Zephyrine- Humeur : Parfois bizarre
Re: A. Allô ?
La marche dans l'angoisse est bien menée. On attend la fin avec impatience mais là, j'avoue avoir un peu été déçue : l'erreur de numéro est trop banale.
Toutefois, je suis obligée de reconnaître que si j'ai voulu éviter cette fin qui allait presque de soi, je n'ai écrit qu'un texte pas formidable du tout.
Toutefois, je suis obligée de reconnaître que si j'ai voulu éviter cette fin qui allait presque de soi, je n'ai écrit qu'un texte pas formidable du tout.
Ataraxie- Humeur : Changeante
Re: A. Allô ?
@ Ataraxie
En effet, l'erreur de numéro est trop banale. J'avais une autre piste un peu plus « quiproquos de pièce de boulevard », mais cela supposait un récit beaucoup plus long, pas très jouable dans une consigne d'écriture.
En effet, l'erreur de numéro est trop banale. J'avais une autre piste un peu plus « quiproquos de pièce de boulevard », mais cela supposait un récit beaucoup plus long, pas très jouable dans une consigne d'écriture.
_________________
"Écrire, c'est brûler vif, mais aussi renaître de ses cendres. "
Blaise Cendrars
ICI : Le Blog d'AlainX
alainx- Humeur : ça va ! et vous ?
Re: A. Allô ?
Si dans la consigne, il n'y avait pas eu l'obligation de sonner à la porte, on aurait pu plus facilement trouver une fin plus originale. Le simple fait de se retrouver face à face avec un inconnu au moment où on ouvre la porte, apportait de nombreuses possibilités.
Seule Cassy a pu le faire mais à quel prix ! Une écriture enfantée dans la douleur. Beau mais dur.
En tout cas, merci à tous. Grâce à vous je me sens intégrer un groupe solide.
Seule Cassy a pu le faire mais à quel prix ! Une écriture enfantée dans la douleur. Beau mais dur.
En tout cas, merci à tous. Grâce à vous je me sens intégrer un groupe solide.
Ataraxie- Humeur : Changeante
Re: A. Allô ?
Comme je l'ai dit dans un commentaire, (chez Amanda je crois) il n'y avait pas l'obligation de sonner à la porte… cela pouvait être très bien le téléphone qui sonnait puisque un inconnu « a répondu », donc n'a pas forcément « ouvert la porte »…
_________________
"Écrire, c'est brûler vif, mais aussi renaître de ses cendres. "
Blaise Cendrars
ICI : Le Blog d'AlainX
alainx- Humeur : ça va ! et vous ?
Re: A. Allô ?
Ce qui me frappe c'est que soudain à la fin de l'histoire, la femme ne sent plus du tout mauvais, n'a donc plus de défauts, il la reprend telle qu'elle est.
Pas un peu facile, ça ?
Moi aussi j'aurais aimé une autre fin même plus alambiquée....
Pas un peu facile, ça ?
Moi aussi j'aurais aimé une autre fin même plus alambiquée....
Amanda- Humeur : positivement drôle
Re: A. Allô ?
Amanda a écrit:Ce qui me frappe c'est que soudain à la fin de l'histoire, la femme ne sent plus du tout mauvais, n'a donc plus de défauts, il la reprend telle qu'elle est.
Pas un peu facile, ça ?
Moi aussi j'aurais aimé une autre fin même plus alambiquée....
On dirait que tu ne connais pas la propension de l'être humain à dire tout, n'importe quoi et son contraire sous le coup de la colère, et qu'il pourra ainsi prendre plaisir à l'augmenter pour l'adrénaline qu'elle procure !
C'est un ressort habituel de la comédie de boulevard !
_________________
"Écrire, c'est brûler vif, mais aussi renaître de ses cendres. "
Blaise Cendrars
ICI : Le Blog d'AlainX
alainx- Humeur : ça va ! et vous ?
Re: A. Allô ?
Une petite tisane apaisante ?Amanda a écrit:Bien sûr, je le sais ça, mais ça m'énerve !!!!
À la fleur d'oranger ?
_________________
"Écrire, c'est brûler vif, mais aussi renaître de ses cendres. "
Blaise Cendrars
ICI : Le Blog d'AlainX
alainx- Humeur : ça va ! et vous ?
Re: A. Allô ?
J'ai bien aimé le côté parano du personnage et son ambiguïté; il aime sa femme, ne l'aime plus, l'aime à nouveau et peut- être après tout qu'il l'aime et la déteste en m^me temps; ça n'a rien d'impossible. Au fond j'aurais préféré qu'une fois le ver dans le fruit sa paranoïa ait continué malgré la révélation de l'erreur. Mais ça, c'est dû à mon goût des situations qui dégénèrent ou virent à l'absurde ( dans la fiction bien sûr). Et une nouvelle facette d'Alainx d'habitude très corrosif, cette fois presque sentimental.
Dernière édition par tobermory le Sam 23 Nov 2019 - 22:20, édité 1 fois
tobermory- Humeur : Changeante
Re: A. Allô ?
Moi je croyais que c'était les femmes qui changeaient toujours d'avis !Mais non, ici c'est un homme. J'attends les explications de l'homme. Ce genre d'homme, c'est pas ma tasse de thé !
Charlotte- Humeur : tout et rien
Re: A. Allô ?
Il monte vite en pression ton anti-héros. Mais j'aime bien cette manière que nous avons tous de nous raconter des histoires à partir d'un simple mot parfois et là d'un faux numéro. Je pense que j'ai été au moins une fois l'inconnue qui a répondu au téléphone, un type s'était trompé de numéro et il n'a pas voulu me croire quand je lui ai dit, va savoir ce qui a bien pu se passer lorsqu'il est rentré chez lui.
_________________
Martine27
Martine27- Humeur : Carpe diem ou Souris quand même
Re: A. Allô ?
C'est sûr qu'il peut demander pardon après toutes les méchancetés qu'il a dites sur elle !
Bravo, Alain ! Moi, je n'aurais pas pensé à l'erreur du numéro.
Bravo, Alain ! Moi, je n'aurais pas pensé à l'erreur du numéro.
_________________
Ne méprisez la sensibilité de personne. La sensibilité de chacun, c'est son génie.
(Charles Baudelaire)
FrançoiseB- Humeur : Positive
Kaléïdoplumes 4 :: Archives 2019/2023 :: Espace Ecriture et Photo :: Ecriture et Photo sur consigne :: Consignes 536
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum